L'ingénierie, 60 ans au profit de l'industrie et de la construction.
"LE MONDE " DU 17 JUIN 2009
Les sociétés d'ingénierie s'appretent aujourd'hui à relever deux nouveaux défi, celui de la relance économique et celui de l'éco-conception.
36 m i l l i a r d s d'euros de chiffre d'affaires en 2008 et près de 215 000 salariés, majoritairement ingénieurs et cadres. Les sociétés d'ingénierie sont un vecteur essentiel du développement de l'économie nationale. Elles ont conçu près de 250 milliards d'euros d'ouvrages et d'équipements réalisés en France, effectué près du tiers de la recherche et développement de l'industrie automobile française et exporté près de onze milliards d'euros.
Des métiers au service du développement
Ces sociétés regroupent des capacités de management et d'études pluridisciplinaires pour concevoir et faire réaliser les projets de leurs clients. Elles ont apporté les solutions innovantes que nécessitait la reconstruction rapide de la France au lendemain de la Seconde Guerre (déjà dans l'énergie, par exemple...). Publiques et privées, ces sociétés ont élaboré des outils, méthodes et moyens spécifiques et ont permis à la France de se doter des infrastructures et équipements d'un pays
moderne. Au cours des trente dernières années, l'ingénierie a vu ses emplois plus que tripler, passant de 67 000 à 215 000. La plus grande force de ce secteur est d'avoir su en permanence se positionner sur les défis auxquels étaient confrontés ses clients, les industriels et maîtres d'ouvrage, en leur proposant des solutions innovantes avant qu'elles ne soient banalisées.
Ainsi, il n'est guère,aujourd'hui en France, d'ouvrage ou d'installation auxquels ces sociétés n'aient participé. Les industriels, à leur tour, ont dans de nombreux secteurs (automobile, aviation, ferroviaire) recours à des sociétés d'ingénierie pour leurs activités de recherche et développement sur des produits industriels.
L'ingénierie à l'aube d'un nouveau rebond
Les prochains défis seront de deux natures : relance économique de la France et développement durable. Car l'ingénierie subit les effets de la crise, durement même dans les domaines où ses clients sont les plus touchés, comme l'automobile. Mais la demande de prestations reste forte dans d'autres, comme le nucléaire, les activités liées à l'énergie, les projets d'infrastructures... Des composantes essentielles du plan de relance français. Les ingénieries industrielles et de conseil en technologies (IICT) se sont engagées pour la compétitivité de l'industrie française, en garantissant par exemple les performances visées par les programmes d'investissement des industriels, identifiés et mis en oeuvre avec leur concours.
Les promesses de l'éco-conception
L'autre défi du secteur est d'allier ingénierie et développement durable. Avec la raréfaction des ressources naturelles, le changement climatique, les lois et incitations gouvernementales et mondiales (Grenelle de l'environnement,après-Kyoto), l'ingénierie se doit de jouer un rôle moteur dans l'innovation verte.
Pour Michèle Pappalardo, commissaire générale au développement durable, les secteurs du bâtiment et de l'industrie automobile sont ceux qui nécessitent les plus gros efforts en matière de développement durable. « Aujourd'hui, la France a des bâtiments qui consomment de l'ordre de 30 % de plus que ceux des pays voisins de l'Europe du Nord. Et le bâtiment représente 43 % de la consommation énergétique française », constate-t-elle, avant d'ajouter que « le transport, qui produit beaucoup d'émissions de gaz à effet de serre, arrive en deuxième sur la liste ».
Relever ces défis passe nécessairement par la conception de solutions innovantes dès l'amont. Loin d'être antithétiques avec la nécessité d'une relance économique, les éco-industries en sont peut-être la clé. Les sociétés d'ingénierie se mobilisent autour de ces objectifs en les intégrant à leurs plans de formation et de recherche et développement, et en mettant leur capacité d'expertise au service des projets.
"LE MONDE " DU 17 JUIN 2009